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Juliette Russbach est née en 1986 à Genève où elle vit et travaille. Après avoir obtenu un diplôme en formation supérieure de photographie à Vevey (2012), elle poursuit son cursus à la Haute École d’Art et de Design – Genève où elle obtient un Bachelor et un Master (2016) en Arts visuels.

Ses travaux reposent sur une recherche : photographier des instants de vie, des personnes en situation, et voir comment leur milieu social peut influencer leur mode de vie et leur comportement.

Son premier travail artistique L’Âge d’Or donne à voir deux mondes liés à son entourage direct : la jeunesse genevoise privilégiée et celle de la communauté riche et blanche de Cape Town dont sa mère est originaire. Dans le cadre genevois, au-delà d’une définition de classe sociale, ces photos montrent une jeunesse qui, bien que vivant dans un décor aisé, se révèle diversifiée. Les images prises à Cape Town, elles, mettent en avant la classe dominante blanche conservatrice, imperméable au reste de la population et encore emprunte de l’Apartheid. Ce tissage visuel révèle alors le paradoxe de ces deux univers : celui d’un confort domestique où une certaine violence se trame, celui des plaisirs désinvoltes rattrapés par une forte pression sociale.

Durant son parcours, Juliette Russbach a été amenée à réaliser des commandes de photographie de mariage, souvent symbole de réussite sociale. Elle observe alors les codes visuels demandés par les clients et le système de représentation qui en découle. De cette expérience, est née la série Lugano qui rend visible les coulisses et les angles morts de cette mise en scène. Apparaissent, dans cet hors-champ, des décors aseptisés, des objets oubliés, des images dévoilant les rebus désacralisés de ces cérémonies.

Ayant réalisé une résidence auprès du groupe REM_addict au centre Ambulatoire d’Addictologie Psychiatrique (CAAP), elle se confronte cette fois à un univers inconnu qui lui permet de s’interroger sur les codes, la hiérarchie et le fonctionnement de ce centre. Cette expérience l’amène à commencer une recherche photographique portant sur le vécu des personnes vivant dans des lieux cette fois marginalisés. Elle réalise sur le long terme un travail au sein d’abris de la Protection Civile, situés dans des sous-sols à Genève, qui donne à voir le quotidien des réfugiés « genevois » entre désillusion et expectative.

Si son travail artistique confronte indirectement différents mondes que certains chercheront à comparer ou opposer, celui-ci permet surtout un accès à des espaces normalement fermés. Entre proximité et prise de distance critique, ses images ne dirigent pas le regard, mais lui permet toujours de réfléchir autour de ces univers.

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